Musée du Retable.

Le temple qui a sauvé l'âme des villages oubliés de Burgos.

Il y a des lieux qui naissent d'une urgence. Le Musée du Retable de Burgos n'a pas été créé pour exposer la richesse, mais pour sauver celle de centaines d'églises rurales que le dépeuplement menaçait de rayer de la carte. Dans le cadre incomparable de l'église de San Esteban — un édifice gothique des XIIIe et XIVe siècles qui vaut à lui seul le détour —, l'archidiocèse de Burgos a réuni ce que l'oubli était sur le point de détruire : plus de 30 retables restaurés, des sculptures, de l'orfèvrerie et de la peinture sacrée allant du Xe au XIXe siècle.

Le résultat est quelque chose qui n'existe nulle part ailleurs en Espagne.

L'origine : un diocèse avec plus de 1 000 églises.

Le diocèse de Burgos est le plus riche en patrimoine religieux de toute la Castille-et-León. Plus de mille églises, près de cinq cents ermitages, des monastères éparpillés sur une vaste géographie. Pendant des siècles, chaque village a eu son temple, et chaque temple, son retable. Mais quand les villages se sont vidés, les temples se sont retrouvés seuls, exposés au pillage, à l'humidité et à l'effondrement.

Face à cette perte silencieuse, l'Église de Burgos a pris une décision : sauver ce qui pouvait encore l'être, le restaurer et lui redonner vie dans un espace où chacun pourrait le contempler. Le lieu choisi fut l'église de San Esteban, un temple gothique du XIIIe siècle perché sur le versant du Château, avec un portail qui présente des affinités directes avec la Coronería de la Cathédrale, une rosace avec des vitraux du XVIe siècle et un intérieur abritant des œuvres de Simón de Colonia.

Ce que vous allez trouver.

Une collection de retables sans précédent en Espagne.

Trente retables de toutes les époques et de tous les styles cohabitent dans les nefs de San Esteban. Gothiques, de la Renaissance, baroques, néoclassiques. Chacun a son histoire : d'où il venait, à quel saint il était dédié, à quelle famille ou paroisse il appartenait. Ici, ce ne sont pas des pièces de musée au sens froid du terme ; ce sont des objets qui ont été le centre spirituel de communautés entières, qui ont vu des naissances, des mariages et des enterrements pendant des siècles.

Parmi les plus remarquables : le Retable des Rois (XVIe siècle), le Retable de San Millán de la Cogolla (XVe et XVIIIe siècles), le Retable du Christ Ressuscité (1656) et le magnifique Tableau-Retable de la Cène (XVIe-XVIIe siècles).

Orfèvrerie du Xe au XVIIIe siècle.

Plus de trente pièces d'orfèvrerie sacrée qui couvrent près de dix siècles d'artisanat religieux. Des calices, des ostensoirs, des reliquaires qui ne seraient jamais arrivés dans un musée conventionnel car ils appartenaient à des paroisses de trois ou quatre maisons dans la montagne.

Le temple de San Esteban, une œuvre d'art en soi.

Y entrer est déjà un privilège. La nef centrale avec ses croisées d'ogives, le chœur de Simón de Colonia (1502) avec son gothique flamboyant, le décor plateresque de Nicolás de Vergara entre 1514 et 1519, le cloître avec la Chapelle de la Toussaint et ses enfeus funéraires médiévaux. Le musée est à l'intérieur du monument, et non en marge de celui-ci.

Pourquoi visiter le Musée du Retable.

Parce que c'est le seul moyen de voir réuni en un seul espace ce qui, pendant des siècles, a été éparpillé dans des centaines de villages de la province. Parce que le bâtiment qui l'abrite mérite à lui seul la visite. Et parce que ce qui y est conservé n'aurait pas survécu sans ce lieu.

Découvrez le musée qui a sauvé le patrimoine de toute une province

 

Conditions de la visite

Prix : 4€ Tarif réduit : 3€

BILLET CONJOINT : 3 temples : 7 € | 2 temples : 6 €

Mardi après-midi : gratuit pour tous

HORAIRES :

Été (19/03–31/10) : 10:00–14:00 et 17:00–20:00

Hiver (01/11–18/03) : 10:00–14:00 et 16:00–19:00

Museo del Retablo

C/ San Esteban, s/n, Burgos